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Sois bon pour ton serviteur, et je vivrai,18
Ouvre mes yeux,19
Je suis un étranger sur la terre ;20
Mon âme a brûlé de désir21
Tu menaces les orgueilleux, les maudits,22
Épargne-moi l’insulte et le mépris :23
Lorsque des grands accusent ton serviteur,24
Je trouve mon plaisir en tes exigences :

Commentaire
Abram, Saraï et Agar (Hagar)
Dans la Genèse, la généalogie et la descendance sont des préoccupations.
Il s’agit de transmettre la fidélité à Dieu, sans idolâtrie, en préservant l’unité du clan. Abram aura 86 ans et Saraï dix ans de moins, mais le texte ne se préoccupe pas d’obstétrique. Les âges des patriarches sont symboliques. C’est un langage dont les clés sont perdues. Certainement de haute lignée, Abram, chef ou roi de tribu, a pu organiser une coalition politique et militaire. Saraï, la Mésopotamienne, la citadine, est sa première épouse, femme d’influence, une princesse. Il leur fallait au moins un enfant. A la demande de Saraï, demi-sœur et épouse stérile, Abram va engrosser une servante, pour obtenir un héritier. L’Egyptienne Agar sera mère porteuse ! Etrangère, elle enfantera Ismaël, « Dieu entend ». D’après la vision de la Bible, il sera l’ancêtre des Arabes. La maternité d’Agar dérègle les relations. La servante s’enfuit avec Ismaël au désert, et c’est sur ordre divin qu’ils en sont ramenés. L’exigence est de se soumettre à Saraï. Quelle est alors la volonté de Dieu ? Il y aura une descendance pour Agar, une autre, celle de la promesse, pour Sara(h). Une troisième femme, Kétoura(h), « l’encens », épousée par Abraham après la mort de son épouse, donnera naissance à six garçons.
Dans Galates 4,21-31, Paul interprète le récit comme une allégorie concernant l’alliance, établissant une distinction entre le fils né de la chair et le fils né de la promesse. Et en Romains 9,8 il va plus loin : « ... seuls les enfants de la promesse entrent en ligne de compte ».
Le Coran, reprenant cette histoire, donne une autre version des faits en substituant Ismaël à Isaac.