1
Rendez grâce au Seigneur, proclamez son nom,2
chantez et jouez pour lui,3
glorifiez-vous de son nom très saint :4
Cherchez le Seigneur et sa puissance,5
souvenez-vous des merveilles qu’il a faites,6
vous, la race d’Abraham son serviteur,7
Le Seigneur, c’est lui notre Dieu :8
Il s’est toujours souvenu de son alliance,9
promesse faite à Abraham,10
érigée en loi avec Jacob,11
Il a dit : « Je vous donne le pays de Canaan,12
En ces temps-là, on pouvait les compter :13
ils allaient de nation en nation,14
Mais Dieu ne souffrait pas qu’on les opprime ;15
« Ne touchez pas à qui m’est consacré,

Commentaire
La violence et la foi
Que de violence dans ce passage !
Colère de Moïse, bris des tables de la Loi, veau d’or jeté au feu, peuple contraint d’en boire la poussière (et l’or, comme le plomb, est plutôt… empoisonnant). Et les versets que nous lisons nous épargnent la mort d’une partie du peuple par l’épée (verset 25-29).
On se dit que la foi chrétienne est profondément incompatible avec tout cela.
Pourtant, l’histoire de l’Eglise est elle aussi entachée de colère, contraintes et massacres.
Alors que faire de ce texte, et de tous ceux qui émaillent la Bible de récits violents au nom de Dieu?
D’abord se rappeler le fond de cette histoire de bovin: ce qu’ont voulu les Israélites, c’est «voir» leur Dieu, lui donner forme, forme de taureau comme en Egypte (le rédacteur dit «veau» par dérision). Ils ne pensaient pas changer de Dieu, mais donner du corps à cette Voix, cette fumée, cette nuée dans laquelle Moïse semblait s’être perdu. Ils ont donc oublié, et Aaron avec eux, que Dieu ne se laisse pas voir comme cela, parce qu’il devient idole lorsqu’on peut le toucher, le saisir, sous quelque forme que ce soit, le maîtriser et le manipuler. Là est la grande faute qui provoque la colère et la violence de Dieu, et donc de Moïse.
Alors ce récit nous redit que Dieu est violemment jaloux : son amour exige le nôtre, absolument, sans que nous ayons prise sur lui. Il nous rend libre et reste Liberté.
Et par ailleurs ce récit, et d’autres avec lui, est également pour nous Parole de vie parce qu’il nous dit avec force que la tentation de la violence est malgré tout toujours présente dans la foi.