1
Seigneur, mon rocher, c’est t
oi que j’appelle : †
ne reste p
as sans me répondre, *
car si tu gard
ais le silence,
je m’en irais, moi auss
i, vers la tombe.
2
Entends la v
oix de ma prière
quand je cr
ie vers toi, *
quand j’él
ève les mains
vers le S
aint des Saints !
3
Ne me traîne p
as chez les impies,
chez les h
ommes criminels ; *
à leurs voisins ils p
arlent de paix
quand le m
al est dans leur cœur.
~
6
Bén
i soit le Seigneur *
qui entend la v
oix de ma prière !
7
Le Seigneur est ma f
orce et mon rempart ;
à lui, mon cœ
ur fait confiance :
il m’a guéri, ma ch
air a refleuri,
mes chants lui r
endent grâce.
8
Le Seigneur est la f
orce de son peuple,
le refuge et le sal
ut de son messie.
9
Sauve ton peuple, bén
is ton héritage,
veille sur lui, porte-l
e toujours.
Commentaire
Petites combines et généreux exaucements
Dans les hauteurs où séjourne Isaac après Abraham, les périodes de précipitations insuffisantes sont particulièrement causes de famine. Pour les troupeaux plus encore que pour les cultures, de telles situations peuvent devenir désespérées. Dans de telles circonstances, les nomades étaient attirés par l’Egypte, lointaine certes, mais beaucoup plus régulièrement fertile.
Mais Dieu – qui se manifeste au moment des grandes décisions et déplacements – interdit à Isaac d’émigrer en Egypte. Comment dès lors va-t-il s’en tirer pour subsister, lui et ses troupeaux ? Il ne lui reste qu’à obéir à l’ordre de Dieu : « Installe-toi dans le pays que je te montrerai » (2b) – ordre auquel il n’est pas facile d’obtempérer, comme à celui donné naguère à Abraham – comme de faire confiance à la promesse « faite à ton père Abraham ».
Que la promesse, promesse de descendance innombrable et de bénédiction de tous les peuples, soit valable pour Isaac à cause de la foi d’Abraham, et qu’elle continue à cheminer à travers les générations et leurs déplacements, est une idée nouvelle dans les récits patriarcaux.
Cela n’empêche pas la méfiance et la peur de régner entre le clan d’Isaac et les habitants du pays. L’épisode du roi, surprenant les ébats du couple Isaac et Rébecca, rappelle l’utilisation, par Abraham, de la concupiscence de Pharaon pour la belle Sara, sa sœur et sa femme (Genèse 12,10 et suiv.). Ainsi Isaac tente de faire passer Rébecca pour sa sœur (logique dans le langage puisqu’elle est sa cousine en sus d’être son épouse) – imaginant assurer ainsi sa propre sécurité au prix de celle de sa femme …
Même nos ancêtres dans la foi, pourtant si proches de Dieu, ne sont pas exempts de contradiction ni de compromissions… Comme quoi les personnages de l’Ancien Testament, pour lointains qu’ils nous paraissent, sont bien près de nous, et nous tendent leur miroir.
Les rendements céréaliers généreux des semences d’Isaac, l’éleveur émigré et devenu par force cultivateur, souligne que Dieu l’agrée en dépit du subterfuge et en fidélité à la promesse, et lui permet de dépasser la famine.