Samedi 23 Mars 2024

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Complément

Psaume

Psaume 17 (16)

Garde-moi

1
Seigneur, écoute la justice ! †
 
Entends ma plainte, accueille ma prière :
 
mes lèvres ne mentent pas.

2
De ta face, me viendra la sentence :
 
tes yeux verront où est le droit.

3
Tu sondes mon cœur, tu me visites la nuit, †
 
tu m’éprouves, sans rien trouver ;
 
mes pensées n’ont pas franchi mes lèvres.

4
Pour me conduire selon ta parole,
 
j’ai gardé le chemin prescrit ;
5
j’ai tenu mes pas sur tes traces :
 
jamais mon pied n’a trébuché.

6
Je t’appelle, toi, le Dieu qui répond :
 
écoute-moi, entends ce que je dis.

7
Montre les merveilles de ta grâce, *
 
toi qui libères de l’agresseur
 
 ceux qui se réfugient sous ta droite.

8
Garde-moi comme la prunelle de l’œil ;
 
à l’ombre de tes ailes, cache-moi,
9
loin des méchants qui m’ont ruiné,
 
des ennemis mortels qui m’entourent.

10
Ils s’enferment dans leur suffisance ;
 
l’arrogance à la bouche, ils parlent.

11
Ils sont sur mes pas : maintenant ils me cernent,
 
l’œil sur moi, pour me jeter à terre,
12
comme des lions prêts au carnage,
 
de jeunes fauves tapis en embuscade.

13
Lève-toi, Seigneur, affronte-les, renverse-les ;
 
par ton épée, libère-moi des méchants.

14
Que ta main, Seigneur, les exclue d’entre les hommes, *
 
hors de l’humanité, hors de ce monde :
 
 tel soit le sort de leur vie !

 
Réserve-leur de quoi les rassasier : †
 
que leurs fils en soient saturés,
 
qu’il en reste encore pour leurs enfants !

15
Et moi, par ta justice, je verrai ta face :
 
au réveil, je me rassasierai de ton visage.

Lectures du jour


Job, Chap. 42, v. 1-10

1
 Alors Job a répondu au Seigneur:
2
 "Tout est possible pour toi, je le sais, tu peux faire tout ce que tu veux.
3
 Tu l'as dit: j'ai rendu tes projets obscurs en parlant comme un ignorant. Oui, je le reconnais: j'ai parlé de choses merveilleuses qui me dépassent, et je ne le savais pas.
4
 Tu m'as dit: "Écoute, et laisse-moi parler. Je vais t'interroger et tu me donneras des explications."
5
Jusqu'ici, je te connaissais seulement à travers ce que mes oreilles entendaient. Mais maintenant, je t'ai vu de mes yeux.
6
 C'est pourquoi je regrette ce que j'ai dit. Sur la poussière et sur la cendre je reconnais mon tort."
7
Le Seigneur a adressé toutes ces paroles à Job. Ensuite, il a dit à Élifaz de Téman: "Je brûle de colère contre toi et contre tes deux amis. En effet, vous n’avez pas dit la vérité sur moi, comme mon serviteur Job l’a fait.
8
Et maintenant, prenez sept taureaux et sept béliers, et allez trouver mon serviteur Job. Vous offrirez ces animaux en sacrifice complet pour vous-mêmes. Pendant ce temps, Job priera pour vous, et j’accepterai sa prière. Ainsi, je ne vous couvrirai pas de honte. Pourtant, vous n’avez pas dit la vérité sur moi, comme mon serviteur Job l’a fait."
9
Élifaz de Téman, Bildad de Chouha et Sofar de Naama sont donc partis faire ce que le Seigneur leur avait dit. Et le Seigneur a accepté la prière de Job.
10
Pendant que Job priait pour ses amis, le Seigneur lui a rendu sa richesse. Il lui a même donné deux fois plus de biens qu’avant.

Commentaire

Dieu est Dieu!

Versets 1-6: Rencontre
Il faut bien comprendre ce qui est en train de se passer!
Meurtri, laminé, Job a vu ses certitudes bien construites voler en éclats (verset 5a). Et voilà que Dieu lui offre la plus haute manifestation de sa grâce: un face à face. Job rejoint les grands témoins bibliques. Loin d’être rejeté ou condamné, il est au bénéfice d’une communion à nulle autre pareille avec Dieu. Ses yeux l’ont vu.
Attention: le verset 6 ne parle ni de culpabilité morale, ni d’angoisse existentielle… mais du sentiment de finitude et de petitesse de l’être humain, poussière de l’univers, face à l’immensité de Dieu dans toute sa force créatrice. Dieu est bien ce «tout Autre» qui déborde et dépasse toute tentative d’enfermement.
Alors, analyser Dieu et ses projets? Le sommer de rendre des comptes? Remettre sa bonté en question? Expliquer définitivement la présence du mal? Maintenant, avec et devant Dieu, tout cela apparaît à Job absurde et délirant, insensé et blasphématoire (versets 3 et 6).
Et Job, porté par la présence de Dieu, d’articuler des mots de confiance: la puissance divine n’est pas un leurre. C’est bien Dieu qui détient et donne le sens ultime des choses, des êtres et des événements (verset 2).
Cet espace de reconnaissance et de confiance, un autre viendra l’habiter de sa présence et de son Dieu d’amour: Jésus-Christ.

Versets 7-9: Oser la lucidité
A l’origine, ces trois versets suivaient certainement le chapitre 2. Job, le juste et le pieux, reprenait son rôle de sacrificateur pour faire pardonner la folie des paroles de ses amis.
Mais le rédacteur du livre de Job tel que nous le connaissons, a profondément réorienté le récit, et le sens de notre passage. C’est bien après 35 chapitres de débats que Dieu donne donc raison à Job… contre ses amis. Il n’est décidément pas ce distributeur automatique de récompenses et de punitions, pas plus qu’il n’utiliserait le malheur et la souffrance à titre pédagogique.
Job, lui, a effectivement osé parler avec droiture, avec rigueur, en vérité: il a poussé jusqu’au bout la logique de l’image d’un Dieu «donnant-donnant» pour en montrer l’illusion. Et il l’a fait en restant parfaitement conscient qu’il ne «mérite» pas son sort tragique… ce que Dieu ne lui contestera jamais.
Et il l’a fait en extériorisant l’abîme de sa souffrance. Il a refusé d’arranger la réalité. Il en est même venu à défier ce Dieu finissant par lui apparaître irresponsable, sadique… et indigne de la confiance des humains.
Mais le Seigneur ne se dérobe pas. Il se donne lui-même en réponse, dans sa «toute-présence». Et Job, qui a si longuement combattu une image tordue de Dieu, entrevoit son véritable visage. Et c’est ainsi au verset 9 que pourrait (devrait) s’achever le livre de Job!
Verset 10 (et suivants): Happy end
Changement de décor. On passe de la tragédie à un véritable happy end.
Job devient une sorte de super-patriarche. Son rétablissement est même double. L’injustice est réparée. Satan a perdu. Tout rentre dans l’ordre.
Mais où est donc passé cet extraordinaire cheminement de souffrance, de révolte, de questions? Et cette rencontre avec Dieu?
Nos images de Dieu, souvent aussi tenaces qu’approximatives, aiment faire de la résistance! Et même le rédacteur-poète de ce livre cède devant la force traditionnelle de l’image d’un dieu rétributeur et comptable…
Alors, c’est vrai, nous pouvons remercier le Seigneur pour les innombrables bénédictions de la vie. Un peu à la manière du vieux Job, rassasié de jours. Mais à l’heure du malheur, des coups du sort et des questions sans réponse, Job sait bien que le dieu de la juste rétribution ne tient plus la route. Il nous invite à le suivre sur le chemin d’une lucidité courageuse, loin des explications à bon marché, seraient-elles apparemment fort spirituelles!
Et au bout du compte, c’est à la rencontre de Dieu qui se donne, que Job nous convie.
Au-delà de tout calcul et de toute logique!

Sujets de prière

Oraison

Dieu éternel et tout-puissant,
dans ta tendresse pour le genre humain,
tu as envoyé ton Fils prendre notre nature
et souffrir la mort de la croix.
De grâce, accorde-nous,
à l’exemple de sa grande humilité,
de le suivre dans la voie de la souffrance
et de partager aussi sa résurrection.
Par Jésus Christ notre Seigneur,
qui vit et règne avec toi et le Saint-Esprit,
un seul Dieu dans les siècles des siècles.

Cantique 51-18 (du recueil Alléluia)

Frappe des mains