2
Il est bea
u de te louer,
Die
u, dans Sion, *
de tenir ses prom
esses envers toi
3
qui éco
utes la prière.
Jusqu’à toi vi
ent toute chair
4
avec son p
oids de péché ; *
nos fautes ont domin
é sur nous :
t
oi, tu les pardonnes.
5
Heureux ton invit
é, ton élu :
il hab
ite ta demeure ! *
Les biens de ta mais
on nous rassasient,
les dons sacr
és de ton temple !
~
6
Ta justice nous rép
ond par des prodiges,
Die
u notre sauveur, *
espoir des horiz
ons de la terre
et des r
ives lointaines.
7
Sa force enrac
ine les montagnes,
il s’ento
ure de puissance ; *
8
il apaise le vac
arme des mers,
le vacarme de leurs flots
et la rume
ur des peuples.
9
Les habitants des bouts du m
onde sont pris d’effroi
à la v
ue de tes signes ; *
aux portes du lev
ant et du couchant
tu fais jaill
ir des cris de joie.
~
10
Tu visites la t
erre et tu l’abreuves,
tu la c
ombles de richesses ; *
les ruisseaux de Die
u regorgent d’eau :
tu prép
ares les moissons.
Ainsi, tu prép
ares la terre,
11
tu arr
oses les sillons ; *
tu aplanis le sol, tu le détr
empes sous les pluies,
tu bén
is les semailles.
12
Tu couronnes une ann
ée de bienfaits ; *
sur ton passage, ruiss
elle l’abondance.
13
Au désert, les pâtur
ages ruissellent, *
les collines déb
ordent d’allégresse.
14
Les herbages se p
arent de troupeaux †
et les plaines se co
uvrent de blé. *
Tout ex
ulte et chante !
Commentaire
Des bénédictions qui irriguent l’avenir
La parole de Jacob sur Joseph est une sentence d’un style poétique élevé, marqué par l’idéalisme du regard qui se porte sur le passé et se projette dans l’avenir.
Les arbres qui poussent au bord d’une eau qui coule toute l’année sont une rareté dans le paysage palestinien ; mais la poésie des psaumes s’en est emparée pour exprimer le mystère de la foi et de l’espérance. Il est sans doute faux, historiquement, d’interpréter ses branches (litt. ses « filles ») comme désignant Ephraïm et Manassé. De même, la mention d’une agression par les tireurs à l’arc ne fournira pas l’indice d’une datation historique certaine – mais évoque l’aide que le Dieu des pères accorde à son peuple dans les « guerres saintes », les guerres défensives.
Dans les versets 25-26, nous avons une forme très ancienne de bénédiction visant à la fécondité. Les eaux profondes, figures mythologiques audacieusement introduites ici, répondent à l’action de celles qui descendent du ciel – toutefois le ou les narrateur(s) conduisant ce récit ne pouvaient, en leur temps, disposer de la connaissance que nous avons de l’importance des nappes phréatiques, secourables et qu’il faut préserver ...
Pour Benjamin aussi, le courage et la force sont objets de louanges. On est frappé de voir combien, dans ces sentences mises par écrit à une époque où Israël était devenu une population paysanne pacifique et sédentaire, ce sont encore les antiques valeurs de l’époque du désert qui prédominent. Mais dans la poésie, l’idéal antique subsiste à travers les siècles. En matière de foi aussi, les valeurs des premiers temps sont comme une nappe phréatique dans laquelle on a besoin de puiser quand les temps se font incertains et que le zèle s’adultère.