mardi 09 avril 2019

Temps

Temps du carême

Semaine

Mardi

Complément

Psaume

Psaume 142 (141)

Personne qui pense à moi

 
2
À pleine voix, je crie vers le Seigneur !
 
 
À pleine voix, je supplie le Seigneur !
 
3
Je répands devant lui ma plainte,
 
 
devant lui, je dis ma détresse.

 
4
Lorsque le souffle me manque,
 
 
   toi, tu sais mon chemin. *
 
 
Sur le sentier où j’avance,
 
 
   un piège m’est tendu.

 
5
Regarde à mes côtés, et vois :
 
 
   personne qui me connaisse ! *
 
 
Pour moi, il n’est plus de refuge :
 
 
   personne qui pense à moi !

 
6
   J’ai crié vers toi, Seigneur ! *
 
 
J’ai dit : « Tu es mon abri,
 
 
   ma part, sur la terre des vivants. »

 
7
Sois attentif à mes appels :
 
 
   je suis réduit à rien ; *
 
 
délivre-moi de ceux qui me poursuivent :
 
 
   ils sont plus forts que moi.

 
8
Tire-moi de la prison où je suis,
 
 
   que je rende grâce à ton nom. *
 
 
Autour de moi, les justes feront cercle
 
 
   pour le bien que tu m’as fait.

Lectures du jour


Job, Chap. 30, v. 16-31

16
 Et maintenant, ma vie s'en va, je passe mes jours dans le malheur.
17
 "La nuit, la souffrance m'atteint jusqu'aux os, elle m'empêche de dormir.
18
 Dieu m'a saisi brutalement par mon vêtement, il me serre le cou comme un col trop étroit.
19
 Il m'a jeté dans la boue, je suis comme la poussière et la cendre.
20
"Mon Dieu, je crie vers toi, et tu ne réponds pas. Je me tiens devant toi, mais tu ne fais pas attention à moi.
21
 Tu es devenu cruel avec moi, tu m'attaques de toutes tes forces.
22
 "Tu m'emportes, tu me fais galoper avec le vent, et l'orage me secoue violemment.
23
 Oui, je le sais, tu m'emmènes vers la mort, au rendez-vous de tous les vivants.
24
Mais si quelqu'un est brisé, est-ce qu'il ne tend pas la main? Dans le malheur, est-ce qu'on n'appelle pas au secours?
25
"Est-ce que je n'ai pas pleuré sur ceux qui ont une vie difficile? Mon cœur s'est toujours serré en voyant les malheureux.
26
Je comptais sur le bonheur, c'est le malheur qui est arrivé. J'attendais la lumière, c'est la nuit qui est venue.
27
 "Je suis sans cesse bouleversé par cette vie de souffrance qui est la mienne.
28
 Je marche, l'air sombre: pas de lumière pour moi! Même devant les autres, je crie au secours.
29
 Par mes cris, je suis devenu le frère des chacals et le compagnon des autruches.
30
 "Ma peau est complètement sèche et se détache, la fièvre me brûle jusqu'aux os.
31
 Ma harpe joue seulement des airs de deuil, ma flûte accompagne le chant des pleureuses."

Commentaire

Dieu : prévenu, a minima, de non assistance à personne en danger

Job se scandalise de devenir la cible des moqueries et des malveillances de gens si méprisables qu’il ne les aurait pas même commis à l’entretien des chiens gardiens de ses troupeaux (30,1). « Tu t’es changé en bourreau pour moi ! » gémit-il (v. 21).
Dans une méditation proche de la complainte, Job décrit les symptômes de sa désintégration physique – donc de la déchéance morale, dont on croyait, aux temps bibliques, que les troubles dermatologiques étaient le stigmate et la punition – et son exclusion de la société.
Le sens du v. 24 reste certain, mais on pourrait y lire une double protestation de Job :
« Moi, je tiens mon rôle de miséreux en criant vers toi … Et toi, pourquoi ne pratiques-tu pas l’assistance à personne en danger ? ». Il ne manque pas de rappeler aussi que lui, Job, a manifesté autrefois de l’empathie envers ceux que la vie malmène. Il pouvait espérer que ce bien lui fût rendu en temps opportun et au lieu de la lumière, les ténèbres … Argumentant de la sorte, il se place en « plus juste que Dieu » : c’est une subtile tentation !
Pourtant, le thème de cette « injustice » de Dieu résonne dans nombre de psaumes, parce qu’il est la question que tout le monde est appelé à se poser vu l’incohérence du monde, l’épreuve spirituelle qui prépare à la découverte de ce que Dieu est vraiment. Ayons le courage de cheminer avec cette question vertigineuse pour compagne, même si nous avons la foi grande comme une cathédrale.

Sujets de prière

Oraison

O Dieu,
dont la grandeur est incompréhensible
et la bonté infinie,
tu ne t’irrites que pour corriger,
tu ne châties que pour mieux épargner,
et tu connais mieux que nous
ce qu’il nous faut pour notre salut;
donne-nous toi-même ce que tu nous ordonnes,
et soutiens-nous contre les attaques du mal,
afin que nous puissions avoir part
à la vie de ton Royaume.

Cantique 6 (du recueil Alléluia)

Seigneur, qui vois ma peine