dimanche 29 mars 2020

Temps

Temps du carême

Semaine

Dimanche

Complément

Psaume

Psaume 149

Louez-le dans l’assemblée de ses fidèles

 
1
Alléluia !

 
 
Chantez au Seigneur un chant nouveau,
 
 
louez-le dans l’assemblée de ses fidèles !
 
2
En Israël, joie pour son créateur ;
 
 
dans Sion, allégresse pour son Roi !
 
3
Dansez à la louange de son nom,
 
 
jouez pour lui, tambourins et cithares !

 
4
Car le Seigneur aime son peuple,
 
 
il donne aux humbles l’éclat de la victoire.
 
5
Que les fidèles exultent, glorieux,
 
 
criant leur joie à l’heure du triomphe.
 
6
Qu’ils proclament les éloges de Dieu,
 
 
tenant en main l’épée à deux tranchants.

 
7
Tirer vengeance des nations,
 
 
infliger aux peuples un châtiment,
 
8
charger de chaînes les rois,
 
 
jeter les princes dans les fers,
 
9
leur appliquer la sentence écrite,
 
 
c’est la fierté de ses fidèles.

 
 
      Alléluia !

Lectures du jour


Épître aux Hébreux, Chap. 11, v. 23-31

23
Les parents de Moïse ont cru en Dieu. Alors, quand leur fils est né, ils l'ont caché pendant trois mois. Ils ont vu que l'enfant était beau. Ils n'ont pas eu peur de désobéir à l'ordre du roi.
24
Moïse a cru en Dieu. Alors, quand il est devenu grand, il n'a pas voulu qu'on dise de lui:" Moïse est le fils de la fille du roi d'Égypte."
25
Il a choisi de souffrir avec le peuple de Dieu. Pourtant il pouvait avoir une vie agréable pendant quelque temps, mais il n'aurait pas obéi à Dieu.
26
Les trésors de l'Égypte étaient grands. Mais pour Moïse, recevoir des insultes comme le Messie allait en recevoir avait beaucoup plus de valeur. En effet, il regardait plus loin, vers la récompense à venir.
27
Moïse a cru en Dieu, alors il a quitté l'Égypte sans avoir peur de la colère du roi. Il est resté solide comme s'il voyait le Dieu invisible.
28
Moïse a cru en Dieu, alors il a fait célébrer la Pâque, il a fait répandre du sang sur les portes des maisons. Ainsi l'ange de la mort n'a pas touché aux fils aînés des Israélites.
29
Les Israélites ont cru en Dieu, alors ils ont traversé la mer Rouge comme une terre sèche. Mais quand les Égyptiens ont essayé de passer, l'eau les a noyés.
30
Les Israélites ont cru en Dieu. Alors ils ont fait le tour de Jéricho pendant sept jours, et les murs de la ville sont tombés.
31
Rahab, la prostituée, a cru en Dieu. Alors on ne l'a pas tuée avec les ennemis de Dieu, parce qu'elle avait bien accueilli les espions israélites.

Commentaire

En ces temps d'épidémie, en l'absence de cultes publics, l'équipe d'Un temps pour prier propose un commentaire d'un des textes du dimanche préparé par le pasteur de la paroisse de Vaulion-Romainmôtier, qui suit le même lectionnaire.

Dès le début de l’histoire, on est de quelque part: pour Lazare, de Béthanie. Pour chacun-e de nous: de là où sont nos racines. Dès le début de l’histoire, on est relié à d’autres: Lazare, Marthe, Marie, frère et soeurs. Et nous, dans cette galaxie de relations qui dessinent notre récit de vie. Dès le début de l’histoire, on raconte ce que l’on vit: pour Lazare, la maladie; pour Marie ce qu’elle avait vécu avec le parfum et les cheveux… Pour nous, là où nous en sommes aujourd’hui, marqués par les actes que nous avons posés, et dans nos états de santé, et dans nos émotions, et dans nos confiances, et dans nos craintes…

Dès le début de l’histoire… parce que nous ne pouvons pas faire autrement que de partir de là où nous sommes aujourd’hui, totalement immergés dans le présent, marqués par le passé et tourné vers l’avenir. Dès le début de l’histoire, il faut prendre au sérieux ce qu’est l’aujourd’hui, pour vous, pour moi. Car le faire, c’est prendre au sérieux la vie humaine. Avec ses racines, ses relations, son état dans ses gestes et dans son corps et dans ses pensées.

Si je m’attarde sur le début de cette histoire, c’est parce qu’elle donne le ton de ce que sera le point de départ de l’agir du Christ: une parole et un geste qui partent de là où sont les gens, avec une extrême attention à leur situation de vie. Non pas une formule peut-être puissante mais qui ne prendrait pas en compte la glaise humaine. Non pas quelque chose qui serait là d’abord pour mettre en avant le pouvoir du soignant au détriment du soigné. Mais la prise au sérieux de ce que vivent les femmes et les hommes. Jésus le fait tout simplement en étant profondément humain.

Humain, dans sa confiance, face à la souffrance et la mort, qu’elles n’ont pas le dernier mot. Humain, dans cette capacité à s’accrocher à la vie et à l’espérance; à continuer d’avancer et de croire qu’une vie est possible. Ce sera le dialogue avec les disciples au retour en Judée.

Humain, dans sa capacité à entendre le désarroi de Marthe et de Marie, et à être ajusté à ce que chacune vit différemment dans leur confrontation à la mort. Non pas une réponse toute faite ni une attitude stéréotypée.

L’une comme l’autre portent nos questions à Dieu quand nous sommes impuissants: « Si tu avais été là… ça ne serait pas arrivé. Pourquoi es-tu absent dans nos épreuves? Pourquoi les permets-tu? Que fais-tu? »

Mais l’une, Marthe, aura besoin de réponses à ses questions, de réenraciner sa confiance en Dieu mise à mal par la mort de son frère. A Marthe qui a besoin de mots de consolation et de foi, Jésus parlera. Et lui rappellera que la résurrection - le relèvement - et la vie sont en jeu dès aujourd’hui, dans notre présent, et qu’il s’agit de trouver la vie même lorsque frappe la mort. Ce n’est pas seulement l’affaire du dernier jour, c’est aujourd’hui que le Christ est résurrection et vie, cette force, cette énergie vitale qui permettent de se relever, de continuer, de vivre.

L’autre, Marie, a la même question que sa sœur. Mais elle n’a pas besoin d’une réponse faite de mots, fussent-ils ceux de la foi. Le Christ va la rejoindre et prendre soin d’elle en étant lui-même touché par son émotion. Marie pleure. Jésus va pleurer lui aussi. Avec elle. Parce qu’il n’y a parfois - souvent? - rien d’autre à faire que d’être avec. En vérité.

Ainsi, le Christ qui est Dieu montre à quel point Dieu prend au sérieux la vie des humains, comment il la rejoint, à chaque fois différemment, parfois dans la confiance, parfois dans des mots qui redisent l’essentiel, parfois simplement dans l’être avec.

Viendra enfin le signe (c’est ainsi que Jean désigne les miracles): Lazare sort de son tombeau et toutes les traces de la mort sont effacées de son corps. Jésus, par sa prière, dira bien que cela dépend de la grâce de Dieu. Mais ce signe-là permet de faire la différence entre ce qui demeure horizontal quand bien même
c’est important: la confiance, les mots, l’écoute, les larmes… et ce qui devient vertical: Dieu agit et peut faire de ce qui paraît impossible un tombeau ouvert; de ce qui paraît définitif un avenir redonné.

Et Dieu rappelle que tout ne se joue pas dans ce qui est en notre pouvoir, dans ce que nous pouvons constater ou comprendre. Ce signe désigne la vie à nouveau possible. Même quand nous ne l’aurions pas cru.

Dès le début de l’histoire, l’Evangile raconte un Christ, Dieu, qui prend soin. Dès le début de l’histoire, l’Evangile raconte un Jésus, humain, qui prend soin. Pour nous aider à passer de la rancoeur que génère nos souffrances: « Lui qui a ouvert les yeux de l’aveugle, ne pouvait-il empêcher Lazare de mourir? » à la
reconnaissance dans tous les sens du terme: « Voyez comme il l’aimait! » Et passer ainsi d’un Dieu tout-puissant à un Dieu tout-aimant.

Sujets de prière

Oraison

Seigneur notre Dieu,
tu nous donnes de célébrer
la passion de ton Fils avec reconnaissance.
Aide‐nous à le suivre en portant nous aussi notre croix.
Par ta grâce, fais‐nous parvenir à la vie éternelle,
avec lui, qui vit et qui règne avec toi, Père,
et le Saint‐Esprit, un seul Dieu
pour les siècles des siècles.