samedi 28 mars 2020

Temps

Temps du carême

Semaine

Samedi

Complément

Psaume

Psaume 140 (139)

Contre l’homme violent, défends-moi

 
2
Délivre-moi, Seigneur, de l’homme mauvais,
 
 
contre l’homme violent, défends-moi,
 
3
contre ceux qui préméditent le mal
 
 
et tout le jour entretiennent la guerre,
 
4
qui dardent leur langue de vipère,
 
 
leur langue chargée de venin.

 
5
Garde-moi, Seigneur, de la main des impies,
 
 
contre l’homme violent, défends-moi,
 
 
contre ceux qui méditent ma chute,
 
6
les arrogants qui m’ont tendu des pièges ;
 
 
sur mon passage ils ont mis un filet,
 
 
ils ont dressé contre moi des embûches.

 
7
Je dis au Seigneur : « Mon Dieu, c’est toi ! »
 
 
Seigneur, entends le cri de ma prière.
 
8
Tu es la force qui me sauve, Maître, Seigneur ;
 
 
au jour du combat, tu protèges ma tête.
 
9
Ne cède pas, Seigneur, au désir des impies,
 
 
ne permets pas que leurs intrigues réussissent !

 
13
Je le sais, le Seigneur rendra justice au malheureux,
 
 
il fera droit au pauvre.
 
14
Oui, les justes rendront grâce à ton nom,
 
 
les hommes droits siégeront en ta présence.

Lectures du jour


Job, Chap. 19, v. 2-29

2
Vous allez me faire souffrir jusqu'à quand ? Jusqu'à quand allez-vous me détruire par vos paroles ?
3
Vous m'avez insulté trop souvent. Vous n'avez pas honte de me torturer ?
4
Vous dites que je me suis trompé. Eh bien, même si c'est vrai, cette erreur est mon affaire.
5
En fait, vous me reprochez ce malheur qui m'arrive, et ainsi, vous voulez avoir raison contre moi.
6
Pourtant, vous devez le savoir, c'est Dieu qui a été injuste avec moi et qui m'a fait tomber dans son piège.
7
Je peux crier contre cette violence, personne ne répond. J'appelle au secours, personne ne me fait justice.
8
Dieu me barre la route pour m'empêcher de passer, il me laisse dans la nuit.
9
Il m'a enlevé mon honneur, il m'a retiré ce qui me rendait fier.
10
Il me démolit complètement, j'ai déjà un pied dans la tombe. Il a arraché tout mon espoir comme on arrache les racines d'un arbre.
11
Il brûle de colère contre moi, il me considère comme son ennemi.
12
Ses bandes de tueurs viennent toutes ensemble, elles arrivent jusqu'à moi et s'installent autour de ma tente pour m'attaquer.
13
Mes parents, Dieu les a éloignés de moi. Ceux qui me connaissent font tout pour m'éviter.
14
Ceux qui sont proches de moi ont disparu, et mes amis m'ont oublié.
15
Mes invités et mes servantes me traitent comme un étranger. Pour eux, je suis quelqu'un de gênant.
16
J'appelle mon serviteur, il ne répond pas, même quand je le supplie.
17
Ma femme ne supporte plus mon odeur, et je dégoûte mes propres frères.
18
Même les petits enfants me méprisent. Quand je me mets à parler, ils se moquent de moi.
19
Tous mes meilleurs amis me détestent, tous ceux que j'aimais se tournent contre moi.
20
Je n'ai plus que la peau et les os et je suis presque mort.
21
Ayez pitié de moi, ayez pitié de moi, vous, mes amis. Oui, la main de Dieu m'a frappé !
22
Vous me faites souffrir comme Dieu. Pourquoi donc ? Est-ce que vous n'êtes pas fatigués de me démolir ?
23
Je voudrais qu'on mette mes paroles par écrit, qu'on les inscrive dans un livre.
24
Si seulement on pouvait les graver dans la pierre pour toujours, avec un ciseau en fer et une pointe de plomb !
25
Moi, je le sais : mon défenseur est vivant, et à la fin, il se dressera sur la terre.
26
Après que ma peau sera détruite, moi-même en personne, je verrai Dieu.
27
Oui, je le verrai moi-même de mes yeux, c'est moi qui le verrai et non un autre. Que ce moment arrive vite ! Je brûle d'impatience.
28
Vous vous demandez peut-être : "Comment poursuivre Job ? Qu'est-ce que nous allons bien trouver pour lui faire un procès ?"
29
Eh bien, tremblez de peur, vous mourrez par l'épée. En effet, vous méritez la mort en me poursuivant de cette manière. Vous devez le savoir : c'est Dieu qui vous jugera. "

Commentaire

Parce que je ne suis pas fou.

«Arrêtez, je n’en peux plus, vous êtes trop nombreux et trop forts, Dieu et vous, contre moi.»
A ce stade, on pourrait croire que Job – comme une personne en situation de «syndrome post-traumatique» – aurait envie, à bout de souffle, de se conformer à la pression de son entourage, se couler dans le moule du «tu as tort, c’est de ta faute, tu t’es trompé!». Pour essayer de souffrir un peu moins.
Mais non! – Sa protestation, qui est aussi le signe qu’il a perdu, le signe que les autres sont plus forts: qu’on l’écrive en encre indélébile, qu’on la taille dans le roc! Pas pour prouver, plus tard, que ce qu’il a dit était vrai. Pour prouver qu’il l’a vraiment dit. Qu’il n’était pas fou.
Ecrire pour faire durer ce cri et cette folie, qui réclament le droit d’être reconnus comme raisonnables: c’est le pari de l’incroyable poète, ou des poètes, qui ont ciselé le texte du livre de Job. C’est aussi fou, ou aussi raisonnable, que de dire: «Je sais que mon rédempteur est vivant.» Quelqu’un me défendra.
Mon Rédempteur est vivant, quelque part très loin. Qu’il me protège, et qu’il protège en moi ce désespoir et cet espoir, ces minuscules flammes qui tremblent en moi.

Sujets de prière

Oraison

Dieu vivant,
quand la croix semble pesante à porter,
ton Christ est présent
et la soulève avec nous.
Donne-nous d’espérer
au-delà de toute espérance.
Nous t’en prions en son nom,
béni pour les siècles.

Cantique 34-15 (du recueil Alléluia)

Mon Rédempteur est vivant