jeudi 26 février 2015

Temps

Temps du carême

Semaine

Jeudi de la première semaine

Complément

Psaume 9 b

1 Pourquoi, Seigneur, es-tu si loin ?
Pourquoi te cacher aux jours d’angoisse ?

2 L’impie, dans son orgueil, poursuit les malheureux :
ils se font prendre aux ruses qu’il invente.

3 L’impie se glorifie du désir de son âme,
l’arrogant blasphème, il brave le Seigneur ;

4 plein de suffisance, l’impie ne cherche plus :
« Dieu n’est rien », voilà toute sa ruse.

5 À tout moment, ce qu’il fait réussit ;?
tes sentences le dominent de très haut.?*
(Tous ses adversaires, il les méprise.)

6 Il s’est dit : « Rien ne peut m’ébranler,
je suis pour longtemps à l’abri du malheur. »

7 Sa bouche qui maudit n’est que fraude et violence,
sa langue, mensonge et blessure.

8 Il se tient à l’affût près des villages,
il se cache pour tuer l’innocent.
Des yeux, il épie le faible,

9 il se cache à l’affût, comme un lion dans son fourré ;
il se tient à l’affût pour surprendre le pauvre,
il attire le pauvre, il le prend dans son filet.

10 Il se baisse, il se tapit ;
de tout son poids, il tombe sur le faible.

11 Il dit en lui-même : « Dieu oublie !
il couvre sa face, jamais il ne verra ! »

12 Lève-toi, Seigneur ! Dieu, étends la main !
N’oublie pas le pauvre !

13 Pourquoi l’impie brave-t-il le Seigneur
en lui disant : « Viendras-tu me chercher ? »

14 Mais tu as vu : tu regardes le mal et la souffrance,
tu les prends dans ta main ;
sur toi repose le faible,
c’est toi qui viens en aide à l’orphelin.

15 Brise le bras de l’impie, du méchant ;
alors tu chercheras son impiété sans la trouver.

16 A tout jamais, le Seigneur est roi :
les païens ont péri sur sa terre.
Tu entends, Seigneur, le désir des pauvres,
tu rassures leur cœur, tu les écoutes.

18 Que justice soit rendue à l’orphelin,
qu’il n’y ait plus d’opprimé,?*
et que tremble le mortel, né de la terre !

Lectures du jour


Livre de Jérémie, Chap. 2, v. 11-19

11
Est-ce qu'un peuple a déjà changé ses dieux ? D'ailleurs, ce ne sont même pas des dieux ! Mais moi, j'étais la fierté de mon peuple. Eh bien, il m'a échangé contre des dieux totalement incapables !
12
Habitants du ciel, cela doit vous bouleverser, vous faire trembler, vous paralyser d'horreur ! Moi, le Seigneur, je le déclare.
13
Mon peuple a commis une double faute : il m'a abandonné, moi, la source d'eau fraîche lui donne la vie. Et il a creusé des citernes. Mais ces citernes sont fendues, elles ne retiennent pas l'eau ! "
14
Est-ce qu'Israël est devenu un esclave ou est-ce qu'il est né de parents esclaves ? Non. Or, les autres peuples le traitent comme un prisonnier de guerre. Pourquoi donc ?
15
Comme des lions, ils rugissent, ils grondent contre lui. Ils ont complètement détruit son pays. Ils ont brûlé ses villes, et plus personne n'y habite.
16
Même les gens de Memphis et de Tapanès lui tondent le crâne.
17
Est-ce que tout cela n'est pas de ta faute, Israël ? Moi, le Seigneur ton Dieu, je te conduisais sur la route, mais tu m'as abandonné.
18
Et maintenant, à quoi te sert de partir en Égypte pour aller boire l'eau du Nil ? À quoi te sert de partir en Assyrie pour aller boire l'eau de l'Euphrate ?
19
Sois puni par le mal que tu as fait ! Que tes infidélités retombent sur toi ! Ainsi tu verras et tu comprendras ceci : il est vraiment horrible et amer de m'abandonner, moi, le Seigneur ton Dieu. Oui, tu as cessé de me respecter. Voilà ce que déclare le Seigneur, DIEU de l'univers. "

Commentaire

La source d'eau fraîche ou les citernes crevassées?

Des choses invraisemblables. La conduite d'Israël à l'égard de son Dieu est criminelle, mais elle est aussi incompréhensible. Et Jérémie en prend à témoin le monde entier.
Il invoque d'abord l'Occident et l'Orient, les terres les plus lointaines, pour souligner le scandale de cette nation d'Israël qui a abandonné son Dieu. Cela s'est-il jamais vu autre part ? Le prophète énonce ici une loi générale, négligeant le cas des nations vaincues qui, parfois, adoptent les dieux de leurs vainqueurs. Dans l'ensemble, surtout en Orient, où la vie religieuse et la vie nationale sont si étroitement unies, on ne voit guère de peuples abandonner leurs dieux. Le texte ajoute:
«qui ne sont pas des dieux », ce que beaucoup considèrent comme une glose postérieure. Et sans doute, il faut reconnaître que, pendant longtemps, en Israël, les plus fervents adorateurs de Dieu ne niaient pas, pour autant, la réalité des autres dieux. Mais ne peut-on pas supposer que Jérémie avait dépassé ce stade, lui qui, quelques versets plus haut, a dit que les idoles n'étaient que vanité?
Au v. 12, ce ne sont plus seulement les extrémités de la terre qui sont invoquées, mais les cieux eux-mêmes (cf. Es 1. 2), pour mettre en lumière l'indignation que mérite le scandaleux, l'imbécile forfait d'Israël : Ils ont abandonné la source d'eau vive pour des citernes crevassées ! Quelle n'est pas la folie de l'homme qui, disposant d'une source (ou d'un puits) d'eau pure et saine, perd son temps et sa peine à creuser une citerne où il ne trouvera que de l'eau morte - où il ne trouvera même peut-être rien du tout, à cause des crevasses par où s'échappe le précieux liquide? Une telle parabole prend tout son sens quand on pense à la pauvreté en eau d'un pays comme la Palestine. Le «double crime » que Jérémie reproche à ses compatriotes, c'est d'abord leur infidélité et ensuite leur bêtise. Ils abandonnent un Dieu puissant et bon pour courir après ce qui n'est que néant. La révélation de Jean 4 sur l'eau vive est déjà en germe ici: la grâce de Dieu est une source d'eau vive et vivifiante.

Oraison

Fais-nous revenir à toi, Dieu notre Sauveur,
et pour que ce Carême nous soit profitable,
ouvre nos esprits à l’intelligence de ta loi.
Exauce-nous par Jésus-Christ, ton Fils, notre Seigneur.

Cantique 43-07 (du recueil Alléluia)

Venez au prince de la vie