Mercredi 17 Avril 2019

Temps

Temps du carême

Semaine

Mercredi saint

Complément

Psaume

Psaume 74 (73), 1-11

Il n’y a plus de prophètes !

 
1
Pourquoi, Dieu, nous rejeter sans fin ?
 
 
Pourquoi cette colère sur les brebis de ton troupeau ?

 
2
Rappelle-toi la communauté
 
 
 que tu acquis dès l’origine, †
 
 
la tribu que tu revendiquas pour héritage,
 
 
la montagne de Sion où tu fis ta demeure.

 
3
Dirige tes pas vers ces ruines sans fin,
 
 
l’ennemi dans le sanctuaire a tout saccagé ;
 
4
dans le lieu de tes assemblées, l’adversaire a rugi
 
 
et là, il a planté ses insignes.

 
5
On les a vus brandir la cognée,
 
 
 comme en pleine forêt, *
 
6
quand ils brisaient les portails
 
 
 à coups de masse et de hache.

 
7
Ils ont livré au feu ton sanctuaire,
 
 
profané et rasé la demeure de ton nom.
 
8
Ils ont dit : « Allons ! Détruisons tout ! »
 
 
Ils ont brûlé dans le pays les lieux d’assemblées saintes.

 
9
Nos signes, nul ne les voit ;
 
 
 il n’y a plus de prophètes ! *
 
 
Et pour combien de temps ?
 
 
 Nul d’entre nous ne le sait !

 
          ~

 
10
Dieu, combien de temps blasphémera l’adversaire ?
 
 
L’ennemi en finira-t-il de mépriser ton nom ?
 
11
Pourquoi retenir ta main,
 
 
cacher la force de ton bras ?

Lectures du jour

Commentaire

Silence et naissance d’un chant

« L’homme de douleurs » se tait.
Un silence presque insoutenable : le Serviteur ne se justifie pas, n’accuse pas ses bourreaux, mettant ainsi, peut-être, un terme au jeu de la violence, du mal : « pas de fraude dans sa bouche », dit le texte.
Ce silence ne ressemble pas seulement à l’impuissance : ne finira-t-il pas par couvrir la voix des rois, des puissants dont il est dit qu’ils seront à leur tour « bouche close » (52,15) ? Il y a dans ce spectacle sans parole une invitation à une contemplation douloureuse et, peut-être, un espace pour faire naître des mots nouveaux. Esaïe annonce que le Serviteur rejeté sera exalté. Il raconte encore un autre retournement: des hommes et des femmes sont arrachés à l’indifférence et au mépris.
Une communauté (« nous ») se découvre mystérieusement reliée au malade dont elle se détournait, au persécuté qu’elle méprisait, à celui qu’elle tenait pour responsable de son malheur ; elle perçoit alors dans cette souffrance le reflet de sa propre injustice et, étrangement, l’horizon de son salut. Dans le silence du Serviteur souffrant, comme dans le silence de Jésus, si vulnérable dans la crèche, si pitoyable sur la croix, mais si ferme devant ceux qui l’arrêtent, l’interrogent et le brutalisent s’élève le chant d’une communauté qui, même sans comprendre vraiment, a reconnu la justice du Serviteur.
Une justice différente de celle des hommes, promesse d’une humanité réconciliée avec elle-même, capable d’accepter sa fragilité, capable de fraternité.

Sujets de prière

Oraison

Seigneur-Jésus-Christ,
tu n’as pas refusé d’être exposé à la honte
et tu n’as pas reculé devant la mort;
tu as été élevé pour attirer tous les hommes à toi.
Que la vision de ton amour illumine nos coeurs,
et que tous ceux qui viennent à ta lumière
deviennent des enfants de lumière.
Nous te le demandons au nom de tes promesses.

Cantique 33-05 (du recueil Alléluia)

Agneau de Dieu...