vendredi 15 juillet 2016

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Semaine

Vendredi

Complément

Psaume

Psaume 73 (72), 15-28

Longtemps, j’ai cherché à savoir

 
15
Si j’avais dit : « Je vais parler comme eux »,
 
 
j’aurais trahi la race de tes fils.
 
16
Longtemps, j’ai cherché à savoir,
 
 
je me suis donné de la peine.

 
17
Mais quand j’entrai dans la demeure de Dieu,
 
 
je compris quel serait leur avenir.
 
18
Vraiment, tu les as mis sur la pente :
 
 
déjà tu les entraînes vers la ruine.

 
19
Comment vont-ils soudain au désastre,
 
 
anéantis, achevés par la terreur ?
 
20
À ton réveil, Seigneur, tu chasses leur image,
 
 
comme un songe au sortir du sommeil.

 
          ~

 
21
Oui, mon cœur s’aigrissait,
 
 
j’avais les reins transpercés.
 
22
Moi, stupide, comme une bête,
 
 
je ne savais pas, mais j’étais avec toi.

 
23
Moi, je suis toujours avec toi,
 
 
avec toi qui as saisi ma main droite.
 
24
Tu me conduis selon tes desseins ;
 
 
puis tu me prendras dans la gloire.

 
25
Qui donc est pour moi dans le ciel
 
 
si je n’ai, même avec toi, aucune joie sur la terre ?
 
26
Ma chair et mon cœur sont usés :
 
 
ma part, le roc de mon cœur, c’est Dieu pour toujours.

 
27
Qui s’éloigne de toi périra :
 
 
tu détruis ceux qui te délaissent.
 
28
Pour moi, il est bon d’être proche de Dieu ;
 
 
j’ai pris refuge auprès de mon Dieu
 
 
pour annoncer les œuvres du Seigneur
 
 
aux portes de Sion.

Lectures du jour


Livre d’Ésaïe, Chap. 38, v. 9-14

9
 Voici un poème d'Ézékias, roi de Juda. Il l'a écrit après sa maladie, quand il a été guéri.
10
 "Moi, je me disais: j'ai vécu seulement la moitié de ma vie et je dois déjà partir. C'est dans le monde des morts que je dois passer le reste de mes années.
11
 Je me disais aussi: je ne verrai plus le Seigneur sur la terre des vivants. Je ne verrai plus aucun être humain parmi les habitants du monde.
12
 Ma vie m'est arrachée, emportée loin de moi comme une tente de berger. Comme un tisserand qui enroule son étoffe tissée, j'arrive au bout du rouleau de ma vie. Les fils sont coupés. Dans la journée, Seigneur, tu en auras fini avec moi.
13
 Avant le matin, je ne serai plus rien. Comme un lion, le Seigneur a écrasé tous mes os. Dans la journée, Seigneur, tu en auras fini avec moi.
14
 Mes cris sont pareils à ceux de l'hirondelle, ma plainte ressemble à celle de la tourterelle. Mes yeux sont fatigués de regarder vers le ciel. Seigneur, je suis abattu, interviens en ma faveur!

Commentaire

Faut-il déjà mourir, Seigneur ?

Cette maladie, ainsi que la situation politique dramatique qui lui sert de cadre dans le récit d’Esaïe, serait de ces événements à classer dans les mauvais souvenirs, ceux qu’on enfouit au plus profond du pourrissoir de l’oubli, et qui ne devraient remonter que dans de rares cauchemars.
Pourtant Ezékias en fait une prière, qui lui fait revivre toutes les affres endurées, non par masochisme ou vantardise d’ancien chanceux, mais sous la lumière guérisseuse de Dieu. Comme si c’était une seconde guérison, spirituelle et définitive celle-ci : « Ta foi t’a sauvé, va en paix », dit Jésus au lépreux guéri, le seul de la bande revenu sur ses pas pour rendre grâces.

De belles expressions sur la vie humaine – d’autant plus chère maintenant qu’on se voyait près de la perdre : une tente de berger, une pièce de tissu qui se débite (et se délite), une proie sous les dents d’un lion affamé…
Plus encore que le regret de ne plus voir âme qui vive (l’homme antique n’existe que par l’intermédiaire de sa communauté), celui de ne plus pouvoir contempler le Seigneur sur la terre des vivants (v. 12), un vœu très cher que l’on retrouve dans plusieurs psaumes.
Paradoxalement bienheureux, cet homme, rare en son genre, qui verrait comme un grand malheur de ne plus être avec Dieu !... Cette crainte ne serait-elle pas justement le signe que Dieu est avec nous et nous donne « soif de sa présence » ?
Mais cette crainte se dissout bientôt au profit de l’amour de Dieu et pour Dieu dont Jésus-Christ est le ciment parfait… Ezékias ne pouvait le savoir encore. Mais nous ?

Sujets de prière

Oraison

O Christ, notre Seigneur et notre frère,
tu peux compatir à notre faiblesse
et comprendre ceux qui s’égarent et crient vers toi.
Attire tous les hommes à toi et par ton intercession
donne-leur d’être réconciliés avec ton Père,
toi qui règnes pour les siècles des siècles.

Cantique 61 (du recueil Alléluia)

Ecoute-moi quand je crie