vendredi 11 novembre 2016

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Semaine

Vendredi

Complément

Psaume

Psaume 141 (140)

L’offrande du soir

 
1
Seigneur, je t’appelle : accours vers moi !
 
 
Écoute mon appel quand je crie vers toi !
 
2
Que ma prière devant toi s’élève comme un encens,
 
 
et mes mains, comme l’offrande du soir.

 
3
Mets une garde à mes lèvres, Seigneur,
 
 
veille au seuil de ma bouche.
 
4
Ne laisse pas mon cœur pencher vers le mal
 
 
ni devenir complice des hommes malfaisants.

 
 
Jamais je ne goûterai leurs plaisirs :
 
5
que le juste me reprenne et me corrige avec bonté.
 
 
Que leurs parfums, ni leurs poisons, ne touchent ma tête !
 
 
Ils font du mal : je me tiens en prière.

 
6
Voici leurs juges précipités contre le roc,
 
 
eux qui prenaient plaisir à m’entendre dire :
 
7
« Comme un sol qu’on retourne et défonce,
 
 
nos os sont dispersés à la gueule des enfers ! »

 
8
Je regarde vers toi, Seigneur, mon Maître ;
 
 
tu es mon refuge : épargne ma vie !
 
9
Garde-moi du filet qui m’est tendu,
 
 
des embûches qu’ont dressées les malfaisants.

Lectures du jour


, Chap. 12, v. 1-7

1
 Pendant que tu es jeune, souviens-toi de ton Créateur. Souviens-toi de lui avant l'arrivée des jours mauvais, avant le moment où tu diras: "Je n'ai plus envie de vivre."
2
 À ce moment-là, le soleil et la lumière paraissent sombres, la lune et les étoiles s'éteignent, les nuages reviennent après la pluie.
3
 Alors les gardiens de la maison tremblent de peur, les gens forts se courbent, les femmes arrêtent de piler, parce qu'elles sont trop peu nombreuses, celles qui regardaient par la fenêtre perdent leur beauté.
4
 Alors la porte qui donne sur la rue se ferme, les pilons restent silencieux. L'oiseau s'arrête de chanter, toutes les chansons se taisent.
5
 Alors la route qui monte fait peur, la marche effraie. Les cheveux deviennent blancs comme un arbre en fleurs, le corps est lourd comme une sauterelle qui retombe à terre, la vie s'en va comme le fruit tombe de l'arbre. Oui, un jour, chacun s'en va vers la tombe qui sera sa dernière maison. Et les pleureuses sont déjà dans la rue.
6
 Alors le fil d'argent se détache, la coupe d'or se brise, la jarre pleine d'eau se casse, la corde du puits se détache.
7
 La poussière retourne à la terre d'où elle vient, le souffle de vie retourne à Dieu qui l'a donné.

Commentaire

Apprends très tôt la reconnaissance !

Ce douzième et dernier chapitre de l’Ecclésiaste – qui décrit aussi le dernier chapitre de la vie humaine biologique ! – commence par une parole bien amicale en regard du caractère nostalgique, voire sombre, des propos qu’il va tenir : la description sans complaisance de notre vieillissement, terrain dans lequel bien assez tôt la mort jette ses têtes de ponts.
Il nous tend son élégie comme un miroir, ou comme un album de photos souvenirs.
À cette différence près, cependant, que l’album nous présente les images du temps passé où nous étions « jeunes et beaux », alors que le sage nous présente l’album futur et virtuel du moment où nous ne serons plus que « … et … ».

On pense à l’adage romain qu’un garde du corps répétait à l’empereur tandis qu’il défilait en triomphe sur son char : « Memento mori ! », souviens-toi que tu dois mourir.
Salutaire conseil, qui pourtant ne remplit personne de joie…

C’est pourquoi l’Ecclésiaste conseille : « Souviens-toi de ton Créateur… » C’est à la vie que tu dois penser, à Celui dont elle émane et qui te la donne chaque jour, avec le cadre et les limites qui sont l’écrin protecteur de ce trésor.
« … Pendant les jours de la jeunesse ! » Avant que ne viennent les jours blasés par l’habitude et désabusés à force de désillusions. Mais la vieillesse est-elle toujours heureuse ? La jeunesse l’est-elle forcément ?... C’est aussi un temps plein d’inquiétudes et de troubles.

Amicale, la parole du sage l’est encore dans la pudeur et la poésie dont elle habille les signes extérieurs et intérieurs du vieillissement – on peut adhérer ou non à ces images évocatrices. Elle fait du déshabillage un revêtement, dans le sens de Paul : « Nous ne perdons pas courage, car même si, en nous, l’homme extérieur va vers sa ruine, l’homme intérieur se renouvelle de jour en jour » (2 Co 4,16). C’est ce que l’Esprit dit à celles et ceux qui demandent son aide pour habiller leur vie.

Sujets de prière

Oraison

Dieu éternel, seul refuge des affligés,
toi qui nous avertis par la vanité
et la brièveté de cette vie présente
de nous détacher des choses terrestres
pour méditer les choses célestes,
fais-nous la grâce d’employer toute notre vie
à contempler ta grandeur et ta bonté;
détourne de nous ta colère,
pour que nous puissions toujours nous réjouir en toi;
par Jésus-Christ, notre Sauveur.

Cantique 48-02 (du recueil Alléluia)

Toute vie sur cette terre