lundi 04 mars 2019

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Complément

Psaume

Psaume 55 (54), 2-12

J’ai hâte d’avoir un abri

 
2
Mon Dieu, écoute ma prière,
 
 
   n’écarte pas ma demande. *
 
3
Exauce-moi, je t’en prie, réponds-moi ;
 
 
   inquiet, je me plains.

 
4
Je suis troublé par les cris de l’ennemi
 
 
   et les injures des méchants ; *
 
 
ils me chargent de crimes,
 
 
   pleins de rage, ils m’accusent.

 
5
Mon cœur se tord en moi,
 
 
   la peur de la mort tombe sur moi ; *
 
6
crainte et tremblement me pénètrent,
 
 
   un frisson me saisit.

 
7
Alors, j’ai dit : « Qui me donnera des ailes de colombe ? †
 
 
   Je volerais en lieu sûr ; *
 
8
loin, très loin, je m’enfuirais
 
 
   pour chercher asile au désert. »

 
9
J’ai hâte d’avoir un abri
 
 
   contre ce grand vent de tempête ! *
 
10
Divise-les, Seigneur,
 
 
   mets la confusion dans leur langage !

 
 
Car je vois dans la ville
 
 
   discorde et violence : *
 
11
de jour et de nuit, elles tournent
 
 
   en haut de ses remparts.

 
 
Au-dedans, crimes et malheurs ;
 
12
   au-dedans, c’est la ruine : *
 
 
fraude et brutalité
 
 
   ne quittent plus ses rues.

Lectures du jour


Première épître aux Corinthiens, Chap. 8, v. 1-13

1
 La question des animaux offerts en sacrifice aux faux dieux, c'est sûr,"nous la connaissons tous", comme vous dites. Mais cette connaissance gonfle d'orgueil. Au contraire, l'amour construit la communauté!
2
 Si quelqu'un croit connaître quelque chose, il ne sait pas encore comment il faut connaître.
3
 Mais si quelqu'un aime Dieu, Dieu le connaît.
4
 Donc, est-ce qu'on peut manger la viande des animaux offerts aux faux dieux? Les faux dieux n'existent pas dans le monde, nous le savons bien, et il n'y a qu'un seul Dieu.
5
 Bien sûr, certains disent qu'il y a des dieux au ciel et sur la terre. Et c'est vrai, pour eux il y a plusieurs dieux et plusieurs seigneurs.
6
 En tout cas, pour nous, il n'y a qu'un seul Dieu: c'est le Père. Tout vient de lui, et c'est pour lui que nous vivons. Et il n'y a qu'un seul Seigneur: c'est Jésus-Christ. Tout existe par lui, et c'est par lui que nous vivons.
7
 Mais tous ne savent pas cela! Jusqu'à présent, certains avaient l'habitude de prier les faux dieux. Maintenant encore, ils mangent la viande des sacrifices, comme si elle était vraiment offerte aux faux dieux. Leur conscience est fragile, et ils se sentent salis par cette nourriture.
8
 Pourtant, ce n'est pas la nourriture qui nous rapproche de Dieu. Si nous n'en mangeons pas, nous ne perdons rien, si nous en mangeons, nous ne gagnons rien non plus.
9
 Vous êtes libres de faire ce que vous voulez. Mais attention, cette liberté ne doit pas faire tomber les chrétiens fragiles dans le péché!
10
 En effet, toi qui connais la vérité, si on te voit en train de manger dans un temple de faux dieux, qu'est-ce qui va se passer? Tu vas peut-être entraîner quelqu'un qui a une conscience fragile à manger, lui aussi, la viande des animaux offerts aux faux dieux.
11
 Et, à cause de ta connaissance, ce chrétien fragile va tomber, lui pour qui le Christ est mort!
12
 Quand vous péchez de cette façon contre vos frères et vos sœurs, et quand vous blessez leur conscience fragile, c'est contre le Christ que vous péchez.
13
 C'est pourquoi, si la nourriture doit faire tomber mes frères et mes sœurs chrétiens dans le péché, je ne mangerai plus jamais de viande, pour ne pas les faire tomber.

Commentaire

Feuille de route : le frère comme loi nouvelle

Paul aborde ici une problématique vraisemblablement délicate dans une société au contexte religieux polythéiste (mais quelle société ne l'est pas, au fond ?) : est-il permis à un chrétien d'assister à un banquet offert pour consommer la viande d’un sacrifice célébré dans le temple d'une divinité païenne ?
Opposant la connaissance qui « enfle » à l'amour qui « édifie », Paul veut offrir à ceux qu'il enseigne une sorte de feuille de route du comportement vrai : c’est ce que son action a de constructif pour la communauté qui distingue le croyant vrai. C'est en participant à la construction d'une « maison » commune, en devenant « écologique » (mot qui littéralement concerne l’édification d’un lieu habitable par tous, bien avant son avatar politique moderne) qu'il sera le plus proche de ce à quoi l'appelle sa « connaissance », c'est-à-dire le niveau spirituel – expérience, savoir et ferveur – qu’il pense avoir atteint.
De tout temps, les sociétés humaines ont édicté des lois, des règles et des principes pour conduire au Bien, basés jusqu’ici toujours sur un socle religieux. Paul introduit dans cette recherche une sorte de rupture, une anomalie.
Là où avaient pu s’élaborer des codes de loi abstraits et détachés de l’humain, la nouvelle religion que l’apôtre professe fait de cet humain le centre, la visée unique de toute démarche éthique.
Ainsi, dans le « cas » présenté ici, rien n’importe plus que le bien d’autrui, et en particulier de celui que Paul appelle le « faible », c’est-à-dire celui dont la foi est encore mal assurée et qui n’ose se risquer dans la liberté. Tout commence et tout se termine, en christianisme, devant le visage d’autrui dont il faut pouvoir répondre devant Dieu, en prolongement de l’avènement de l’homme Jésus-Christ, don de Dieu au monde.

Sujets de prière

Oraison

O Dieu,
qui es sagesse, bonté et puissance infinies,
tu connais mieux que nous-mêmes
ce qui nous convient
et tu fais pour nous au-delà
de tout ce que nous demandons et pensons;
accueille donc nos prières
et exauce-les dans ta miséricorde,
au nom de Jésus-Christ, notre Seigneur.

 

 

Cantique 52-17 (du recueil Alléluia)

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